🦆 Dépression à haut niveau de fonctionnement: quand tout semble aller bien à l’extérieur, mais que l’intérieur souffre 🦆
- Hicham El Sghiar

- 25 sept. 2025
- 6 min de lecture
Vous connaissez certainement ce genre de personne : quelqu'un qui semble tout contrôler. Il ou elle se lève à l'heure, travaille dur, sourit, organise des dîners, envoie des messages WhatsApp, publie des photos joyeuses sur les réseaux sociaux... Et pourtant, tout cela peut n'être qu'un masque. À l'intérieur, il y a de la tristesse, un vide, une perte d'énergie et souvent : le sentiment d'être à la traîne, même si, vu de l'extérieur, tout semble aller pour le mieux. C'est ce qu'on appelle souvent la dépression à haut niveau de fonctionnement. Dans cet article, je vais vous expliquer ce que c'est, comment la reconnaître, pourquoi elle passe si souvent inaperçue et ce que vous pouvez faire pour vous-même ou pour vos proches.

Nous connaissons tous quelqu’un qui semble avoir une vie parfaitement maîtrisée. Il ou elle se lève tôt, accomplit son travail, prend soin de sa famille, garde le sourire, poste des photos rayonnantes sur les réseaux sociaux, répond aux messages sans tarder. Aux yeux du monde, tout paraît simple, fluide, réussi.
Mais derrière cette façade, il peut y avoir une fatigue persistante, une tristesse sourde, un vide qui s’installe, une impression tenace de ne jamais être « assez ». C’est ce que l’on appelle souvent la dépression à haut niveau de fonctionnement.
Ce n’est pas un diagnostic officiel. Pourtant, ce terme permet de mettre des mots sur une réalité que beaucoup vivent au quotidien : continuer à fonctionner, à assumer ses rôles, tout en se sentant intérieurement épuisé, abattu ou vidé de son énergie.
Le canard sur l’eau
Dans mon cabinet à Waregem, je rencontre souvent des personnes qui donnent l’image d’une vie bien tenue. Elles travaillent, elles s’occupent de leurs proches, elles font du sport, elles plaisantent. Rien, en apparence, ne laisse penser qu’elles souffrent. Et pourtant, sous ce sourire se cache une fatigue chronique, une lutte silencieuse pour continuer à avancer.
Pour illustrer cela, j’utilise souvent la métaphore du canard. À la surface de l’étang, le canard glisse tranquillement, donnant l’illusion de la sérénité. Mais sous l’eau, ses pattes s’agitent sans cesse, frénétiquement, pour ne pas sombrer. C’est exactement ce que ressent une personne en dépression à haut niveau de fonctionnement : calme à l’extérieur, agitation intérieure permanente.
Dépression à haut niveau de fonctionnement: Ce que l’on ressent vraiment
La dépression à haut niveau de fonctionnement ne ressemble pas aux images classiques que l’on se fait de la dépression. Il ne s’agit pas de rester cloué au lit, incapable de travailler ou d’assumer ses responsabilités. La vie continue. Le travail est fait. Les sourires sont distribués. Mais chaque geste semble demander une énergie colossale.
C’est se sentir épuisé malgré une nuit entière de sommeil. C’est voir les loisirs perdre leur saveur. C’est vivre avec une voix intérieure qui répète sans cesse : « Tu n’es pas assez. » C’est parfois des nuits blanches, l’appétit qui disparaît puis revient brutalement, une tendance à se surmener ou à vouloir plaire à tout prix.
À l’extérieur, tout paraît normal. Mais à l’intérieur, les couleurs s’estompent.
Pourquoi c’est si difficile à voir
L’une des grandes particularités de cette forme de dépression est la capacité à porter un masque. Beaucoup ont appris, dès l’enfance, à cacher leurs émotions et à avancer coûte que coûte. Ils se disent : « Je travaille encore, donc ça ne doit pas être si grave. »
L’entourage, de son côté, ne voit que les réussites, la productivité, l’apparente bonne humeur. La société confond facilement performance et bonheur. Et comme le stéréotype de la dépression reste celui d’une personne incapable de sortir du lit, il est encore plus difficile de se reconnaître dans ce trouble.
Parce qu’elle s’installe lentement, la dépression à haut niveau de fonctionnement passe souvent inaperçue. Elle ne vous renverse pas d’un coup, elle s’infiltre jour après jour, jusqu’à ce que vous réalisiez un jour le poids immense que vous portiez depuis longtemps.
Ce que dit la science
Les recherches montrent que les personnes touchées par une dépression à haut niveau de fonctionnement :
éprouvent souvent de l’anhédonie, c’est-à-dire une difficulté à ressentir du plaisir,
portent fréquemment des blessures anciennes ou des traumatismes non résolus,
présentent, malgré leur « fonctionnement », davantage de problèmes de santé, de tensions relationnelles et de troubles liés au stress.
Les psychologues rappellent aussi que le terme peut être trompeur. Il laisse croire que « tant qu’on fonctionne », ce n’est pas si grave. Or, c’est faux. Continuer à assurer son quotidien ne signifie pas que la souffrance n’existe pas.
Le premier pas : reconnaître
La sortie de ce cycle commence toujours par la reconnaissance. Reconnaître que c’est difficile. Cesser de minimiser ou de comparer. Comprendre que l’on n’a pas besoin de s’effondrer pour avoir droit à de l’aide.
Dire simplement : « J’assure, mais je ne vais pas bien » peut déjà apporter un profond soulagement. Dans mon travail, je vois souvent mes clients respirer différemment dès qu’ils osent prononcer ces mots. La honte diminue, la pression s’allège.
Oser en parler
Une fois la vérité reconnue, il devient essentiel de la partager. Avec un ami, un partenaire, un coach, un thérapeute. Mettre des mots sur ce qui était tu ouvre déjà la porte à une libération.
Très souvent, je constate que l’isolement est ce qui alourdit le plus le poids de la dépression à haut niveau de fonctionnement. Dès que l’expérience est exprimée, même dans sa simplicité, une nouvelle respiration devient possible.
La force des petits pas
On croit parfois qu’il faut des bouleversements radicaux pour aller mieux. Mais dans ce contexte, ce sont les petits gestes qui comptent.
Sortir marcher dix minutes sans téléphone. S’accorder une soirée sans jouer le rôle du pilier de la famille. Faire un exercice de respiration pour apaiser la voix critique intérieure.
Un client m’a confié que son premier vrai pas vers la guérison avait été de dire un soir : « Je ne peux pas recevoir ce soir, j’ai besoin de repos. » Cet acte apparemment minime lui avait donné plus de soulagement que des mois à feindre que tout allait bien.
Ces micro-changements ne sont pas anodins. Ils rappellent que l’on a le droit de privilégier le repos à la performance, la connexion à la perfection, l’être au faire.
Les limites comme remède
La plupart des personnes qui souffrent de dépression à haut niveau de fonctionnement ont tendance à dire « oui » trop vite et à placer la barre très haut. Elles cherchent à prouver leur valeur en faisant plus, en donnant plus.
Mais chaque « oui » donné contre son gré épuise un peu plus l’énergie intérieure. Apprendre à dire « non », doucement mais fermement, est une véritable thérapie. C’est inconfortable au début, mais chaque « non » devient un « oui » pour soi. C’est ainsi que l’on se recrée un espace vital.
Quand demander de l’aide
Dans certains cas, des changements de mode de vie, du coaching ou le soutien d’un proche peuvent suffire. Mais souvent, il est nécessaire d’avoir recours à une thérapie ou à un suivi médical. Il n’y a pas de parcours unique. Pour certains, ce sera la thérapie cognitive, pour d’autres une approche centrée sur le trauma, parfois un traitement médicamenteux.
L’essentiel n’est pas l’étiquette, mais la conviction que demander de l’aide est légitime. Et que vous n’êtes pas obligé de porter ce fardeau seul.
Mon message personnel
Si vous vous reconnaissez dans ces mots, laissez-moi vous parler directement.
Vous riez. Vous travaillez. Vous assumez. On vous dit fort. Mais derrière cette force, vous êtes las de porter ce masque.
Vous n’avez pas besoin d’atteindre le point de rupture pour mériter du soutien. Le fait de fonctionner n’est pas une preuve de bonheur. Vous n’êtes pas une machine.
La dépression à haut niveau de fonctionnement n’est pas une faiblesse. C’est le signe que vous avez porté trop longtemps, trop lourd. Et vous méritez plus que de survivre. Vous méritez le repos. Vous méritez la reconnaissance. Vous méritez une vie légère aussi à l’intérieur, pas seulement à l’extérieur.
Des pratiques pour se reconnecter
Voici quelques pistes concrètes pour commencer à alléger le fardeau :
Nommer la vérité. Écrivez une phrase simple : « Je tiens bon, mais je suis épuisé. »
Vérifier ses besoins. Chaque jour, demandez-vous : « De quoi ai-je besoin pour aller bien, pas pour performer ? »
Respirer. Trois respirations profondes quand le masque devient trop lourd.
Dire un petit non. Refuser une demande secondaire et observer l’espace que cela crée.
Privilégier la connexion. Choisir un moment de sincérité avec un proche plutôt qu’un rôle parfaitement joué.
Pour conclure
La dépression à haut niveau de fonctionnement n’apparaît pas dans les manuels, mais elle existe bel et bien. Elle se cache derrière les sourires, les plannings bien remplis, les vies apparemment réussies.
Mais derrière ce vernis, il y a une souffrance réelle qui mérite soin, attention et douceur.
Chez Klarvida Coaching, j’accompagne celles et ceux qui semblent « aller bien » mais qui aspirent à retrouver une paix intérieure. Ensemble, nous retirons les masques, avançons par petits pas durables, et reconstruisons un sentiment de clarté et de calme.
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